OSMTH FRANCE GPFT (ONG à l'ONU)

OSMTH FRANCE Médecin et Humanitaire

           GPFT ARMOIRIES               GPFT - GRAND PRIEURE DE FRANCE DU TEMPLE
                                   Membre fondateur de l’ OSMTH *
                       Organisation Non Gouvernementale à statut consultatif spécial auprès des Nations Unies (ECOSOC N°19885),
                                         Membre du D.P.I./ ONU et du CoNGO (Conférence des ONG à statut consultatif)
                                                 Membre  du Bureau International de la Paix (Prix NOBEL 1910)
                                                Membre de la Plateforme des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne
 
  
 

   *Ordre International régi en France par la loi de 1901 et représenté en France exclusivement par le GPFT.    
   
texte "le médecin et l’action humanitaire"
 publié par l’ OSMTH FRANCE
 
 
LE MEDECIN ET L’ACTION HUMANITAIRE  (Dr Marcel de PICCIOTTO)

INTRODUCTION
« HUMANITAIRE » : «Qui traite les hommes humainement, qui cherche leur bien : sentiments humanitaires»
(dictionnaire des noms communs Larousse).«Qui recherche le bien de l’humanité, qui vise à améliorer la condition des hommes» (petit Larousse Illustré)
« MEDECINE » :Ensemble des connaissances scientifiques et des moyens mis en œuvre pour la prévention, la guérison ou le soulagement des maladies, blessures ou infirmités»(petit Larousse Illustré).
De par la  définition de ces deux mots, on voit que la médecine, et partant le médecin, est appelée par nature à «faire de l’humanitaire».

L’EVOLUTION DES IDEES
Dans l’antiquité et au moyen-âge, lorsqu’une grande épidémie se déclarait, l’action «humanitaire «se bornait le plus souvent à «isoler «les malades (léproseries ), à brûler les cadavres. Réactions de peur devant ce qui était incompréhensible et considéré longtemps comme une «punition divine ».
La notion d’une action coordonnée des secours –pour autant que des systèmes de secours, ou des possibilités existassent– était inconnue. Certes, dans les cités, des citoyens se sont organisés spontanément d’abord puis de manière plus organisée pour lutter contre le feu. Cependant, le plus souvent le moteur de l’action était le risque et le sentiment que «si l’on ne faisait rien», on était soi-même en danger.
Rares sont dans l’antiquité les exemples de dévouement bénévole pour les autres.
D’une certaine façon, le sacrifice du Christ «pour la rédemption des péchés des hommes« s’apparente à une action humanitaire à grande échelle selon certains de nos critères modernes…Bien que n’étant que d’essence spirituelle.
La philosophie chevaleresque, qui faisait obligation au chevalier de défendre la veuve et l’orphelin, de venir au secours du faible, contenait déjà certaines des idées qui sous- tendent l’action humanitaire.
Lors de la campagne d’Egypte, les médecins qui accompagnaient Bonaparte ont participés sans le savoir à une «action humanitaire », selon les concepts modernes,  en soignant les Français malades ou blessés, mais aussi les Egyptiens.
LE CONCEPT HENRI DUNANT
Avant 1870, le concept de médecine humanitaire tels que nous le concevons, c’est à dire appliqué à des bénéficiaires multiples n’existait pas.
La règle était le colloque particulier entre le «médecin» et un «patient» individuel. La médecine était un art  et la recherche de «protocoles» applicables au cas général, peu développée. Chaque état, province, ville, se «débrouillait» seul face à ses propres problèmes. Les blessés  sur les champs de bataille étaient laissés sur place en cas de défaite, et il était rare que le «vainqueur» se préoccupe des blessés du «vaincu »
Henri Dunant a fait franchir un pas décisif : la prise de conscience pratique de l’existence d’une «universalité » de l’humanité et de la médecine, sans tenir compte des races ou des peuples, grâce à la création de la Croix Rouge .
Cependant, l’absence de moyens de communication de l’information ou de transport rapide a limité l’impact de cette «révolution » de la pensée internationale.
De plus,  le concept était encore basé en grande partie  sur le seul principe de la «réciprocité», notamment en ce qui concerne les soins aux blessés des champs de bataille.

LE CONCEPT MEDECINS SANS FRONTIERES
Le développement des moyens d’information modernes, permettent une connaissance «médiatique » quasi instantanée de drames humanitaires de tous ordres :
-    catastrophe accidentelle : tremblement de terre : Arménie, Mexique, Inondations (bengladesh, USA... )
-    famine : Biafra, …
-    guerre : Rwanda, Somalie, Kosovo, …
De ce fait, une réactivité plus grande, plus précoce, plus immédiate, mieux ciblée, mais aussi plus «médiatique » est possible.
 « Médecins Sans Frontières » a été l’une des premières tentatives d’actions privées et coordonnées à grande échelle de plusieurs professionnels  afin de porter bénévolement secours, par delà les frontières, à des groupes d’hommes, de femmes et d’enfants dans la souffrance – au départ médicale-, sans qu’il y ait obligatoirement «champ de bataille », et sans passer par la politique des Etats.
Le principe de la «réciprocité » dans le cadre d’accords internationaux n’est plus l’un des principes de base dominant. L’action ne dépend plus de la seule politique des états, dont elle tend à essayer de s’affranchir.
Ils ont ainsi initiés ce que l’on a appelé –et que l’on appelle encore parfois– les « French Doctors ».Depuis, de très nombreux autres groupes se sont formés, tant en France (médecins du Monde qu’à l’étranger (Care, etc…).
LE CONCEPT ONG
De cette action au départ isolée, «privée», est né un nouveau concept: l’Organisation Non Gouvernementale :  il est apparu nécessaire, de «codifier » l’action de tous ces groupes qui se précipitaient pleins de bonne volonté– et souvent de compétence- mais dont l’action était entravée -notamment sur place- par l’absence de reconnaissance officielle, de «statut international ». C’est pourquoi  les Nations Unies ont développé le statut d’»Organisation Non Gouvernementale», pour ce type d’associations, moyennant certains critères bien définis.

LES PROBLEMES ACTUELS
 
De nombreux problèmes se posent aux ONG :
-    Organisationnels : comment être le plus performant au moindre coût ? Comment n’envoyer – et faire parvenir aux destinataires- que ce qui est nécessaire ?
-    Relationnels : savoir garder sa neutralité dans un conflit, comment coopérer éventuellement avec les moyens de secours humanitaires militaires, coordination avec les autres ONG,
-    Sécuritaires : comment assurer la sécurité de ses personnels envoyés en zones de troubles ?
-    Logistiques : comment assurer la récupération, le tri, le stockage, la mise en condition, le transport, le déconditionnement, la délivrance au destinataire des secours ? Comment assurer l’autonomie /auto suffisance des personnels et des équipements envoyés ?
-    Jusqu’où aller dans l’assistance, et combien de temps ?
Traditionnellement et Historiquement l’ »humanitaire» est revenu d’une part aux militaires, de part leurs capacités de réaction rapide et  leurs moyens logistiques, et d’autre part aux médecins bénévoles civils.
Puis les seconds se sont adjoints paramédicaux et gestionnaires, se sont dotés de moyens de stockage et de transport,  tout reposant au départ sur les dons.  
Il existe une grande réticence historique de la part des ONG à coopérer avec le militaire, de peur de «perdre leur indépendance –ou leur neutralité– (ce qui est en effet parfois un risque)  ou de voir leur champ d’action limité à un seul côté d’un conflit. Cependant, on assiste depuis quelques années, à une évolution de ce point de vue.
Selon notre analyse, plusieurs effets concourent à cette évolution des esprits :
1.De plus en plus de membres des ONG sont victimes d’enlèvements ou sont assassinés, ce qui pose le problème de la sécurité des personnels de ces organisations.
2.la multiplicité des ONG permet de penser qu’en cas de conflit, le fait de coopérer pour certaines ONG avec le militaire –dans le strict cadre humanitaire- ne laissera pas l’un des deux côtés sans soutien identique
3.La nécessité de moyens logistiques fiables sur place capables de  réceptionner, et de distribuer l’aide matérielle envoyée, le contrôle de cette distribution restant sous la responsabilité de l’ONG.
4.la très grande difficulté, voire l’impossibilité "structurelle" pour une ONG seule d’assurer avec certitude l’arrivée à bon port des secours matériels envoyés et d’éviter les détournements parfois "musclés"
5.L’afflux massifs de réfugiés, par dizaines ou centaines de milliers en quelques jours ou quelques semaines, dépassant de loin toutes les capacités de réaction des Organisations Non Gouvernementales seules.
Parallèlement, et pour en partie les mêmes raisons, on assiste à une prise de conscience de la nécessité de moyens de "coordination"entre ONG sur le terrain.
De même, les militaires pour leur part commencent à réaliser que l’action des ONG est précieuse, indispensable, et complémentaire de la leur.
Toutes ces réflexions étant cependant à tempérer par le fait que les expériences récentes – heureusement- n’ont concernées (pour les  conflits armés) que des conflits qualifiés par les militaires, de "basse" ou au pire de "moyenne intensité", et n’ont pas concerné, en "haute intensité" des pays par ailleurs hautement pourvoyeurs de cette même aide humanitaire (globalement les pays les plus développés).
Les intervenants sur le terrain sont de fait, des "témoins". Nombre d’entre eux peuvent être déstabilisés ou fragilisés en l’absence d’une préparation psychologique préalable adaptée. L’efficacité sur le terrain demande de la part des humanitaires civils–comme, d’ailleurs des militaires- une grande capacité d’organisation, d’adaptation et une flexibilité aux exigences du moment. L’une des différences essentielles entre les acteurs des ONG et les acteurs "militaires" semblerait à première vue que les acteurs humanitaires "militaires" seraient peut être mieux armés,car œuvrant au sein d’une structure hiérarchisée, programmée et "protégée": cependant au fil des années  les ONG ont développées de leur côté leurs structures et leurs procédures propres. Parmi les points fondamentaux, tant pour l’efficacité et la bonne réussite de la mission, que pour l’auto protection –psychologique notamment- des intervenants humanitaires, est la permanence du contact avec la "base arrière", l’intervention en équipe, la prise de connaissance préalable sous forme de débriefing –au moins minimal- du milieu géographique et climatique, social et culturel dans lequel ils vont être amenés à intervenir.

LE CONCEPT DU 21 EME SIECLE ?
Le concept a évolué,  suite à l’intervention au Kosovo, puisque semble acquis maintenant, le "devoir d’ingérence" de nations ou de groupes de nations, lorsque qurvient une catastrophe humanitaire– non plus seulement secondaire à une catastrophe naturelle telle que tremblement de terre, inondation, sécheresse, famine ou autre- mais aussi secondaire à la folie des hommes (déportations massives, nettoyage ethnique, etc…) :
Cette évolution du cadre de l’action, plus seulement limitée aux seules ONG dans ces dernières circonstances, mais maintenant pouvant impliquer des états ou groupes d’états en tant que tels, peut conduire au paradoxe de déclenchement d’une guerre – qui est une catastrophe humanitaire en elle-même –pour en arrêter une autre qui paraîtplus  monstrueuse et/ ou plus importante.De ce fait, les  acteurs de l’humanitaires doivent maintenant être conscients qu’ils perdent leur aura d’innocence, puisqu’ils deviennent, consciemment ou non, les acteurs non seulement de l’humanitaire, mais aussi parfois d’un jeu politique … Mais n’est ce pas là peut être une clarification parfois nécessaire, (même si l’action sur le terrain peut parfois en être limitée, ou compliquée), et même s’il est parfois plus facile de se voiler la face , et si cela peut sembler difficile à accepter au nom de l’éthique initiale? A charge pour les ONG  de respecter de leur côté un principe d’égalité en intervenant de façon correspondante et adaptée aux besoins des "deux côtés", ce qui leur permettra de "récupérer" une partiede la liberté d’action dont elles ont put concéder l’abandon par ailleurs, ne serait ce que pour pouvoir tout simplement "agir".

L’IMPACT DES MEDIAS
Il est prépondérant, parfois positif, parfois délétère.
Il est positif, en portant rapidement à la connaissance du plus grand nombre toute catastrophe humanitaire, en permettant une mobilisation massive, un "élan du cœur" des populations non directement concernées et en sensibilisant l’opinion aux actions de secours ou lorsqu’il aide à la connaissance des problèmes ou participe à la collectedes dons et des moyens..
Il est délétère s’il génère un afflux  de moyens inadaptés qui vont encombrer les ligneslogistiques.
Il peut être délétère en gênant parfois l’action humanitaire là où elle serait plus facile
Il peut être délétère s’il génère un afflux inadéquat de moyens inadaptés qui vont encombrer les lignes logistiques.
Il peut être délétère en gênant parfois l’action humanitaire là où elle serait plus facile «dans l’ombre ».
Il est délétère si l’afflux de journalistes et de reporters sur place vient amputer les déjà maigres ressources locales restantes ; la règle d’auto suffisance devrait être systématique, non seulement pour les forces armées humanitaires et les ONG, mais aussi pour les médias internationaux, etc… En effet, lorsque 300 ou 400 journalistes, photographes, etc débarquent à côté d’un camp de réfugiés ou dans une région sinistrée, ce sont autant de «bouches supplémentaires potentielles «à nourrir, à loger, qui vont consommer en quantité une eau déjà bien souvent rare, utiliser des moyens de locomotion et du carburant qui seraient bien utiles aux secours, quand ils ne participent pas à l’encombrement des routes et des moyens de transmissions…
Il est délétère s’il génère une «compétition » inutile entre les différents intervenants de l’humanitaire.
Il est délétère s’il  favorise par des reportages «spectaculaires » un sentiment de peur voire de panique dans une population, ou s’il génère des contre réactions brutales de certains belligérants.
L’action des humanitaires ne se fait pas uniquement dans l’urgence : elle se fait aussi
bien souvent dans la durée : creusement de puits dans le désert, soutien prolongé à une population locale démunie, formation de techniciens de déminage pour les mines anti personnels , lutte contre certaines maladies telles la lèpre Or, passée la phase «sensationnelle » ou «évènementielle », plus aucun concours des médias (donc beaucoup moins de mobilisation de l’opinion)… Alors que l’action continue, que des moyens sont nécessaires…
Lorsque l’on parle d’humanitaire, la première image est celle – dans nos contrées- denos compatriotes allant sauver la veuve et l’orphelin dans un pays étranger, une contrée lointaine ou exotique.  C’est oublier l’humanitaire Parisien, Français, Européen ou Américain de tous les jours (pour ne parler que de ceux là), ce peut ê de nos compatriotes allant sauver la veuve et l’orphelin dans un pays étranger, une contrée lointaine ou exotique.  C’est oublier l’humanitaire Parisien, Français, Européen ou Américain de tous les jours (pour ne parler que de ceux là), ce peut être la distribution d’un repas chaud, l’intervention du SAMU social, le secours en ,le secours aux blessés et aux malades défavorisés … Peu d’ONG se consacrent à ces dernières tâches, il faut le reconnaître parfois moins «gratifiantes ».

ET LES MEDECINS ?
Comme nous l’avons vu, ils ont été le plus souvent à la base de la conception moderne de l’humanitaire, dont ils ont été, et restent des intervenants incontournables.
 Cependant, dans de nombreux cas, les problèmes humanitaires dépassent de loin leurs capacités et leurs compétences. L’humanitaire ne s’improvise pas. Une action efficace nécessite la collaboration de professionnels de nombreuses disciplines : médecine, techniciens des eaux, hygiénistes, logisticiens, transporteurs, techniciens des transmissions (on a bien vu lors des afflux massifs de réfugiés du Kosovo l’importance qu’a revêtue la possibilité de communiquer ), spécialistes de la conception et de  la construction rapide de centres d’hébergement provisoires, spécialistes de la sécurité, …
De sorte que si l’on peut toujours dire «pas d’humanitaire sans médecin », il faut rajouter maintenant : « pas sans médecins… Mais surtout pas seuls ! ».
 
 
 

Date de dernière mise à jour : 31/10/2011